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Une étude dirigée par le professeur Marc Brisson identifie les stratégies les plus efficaces pour lutter contre le virus du papillome humain

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Marc Brisson, professeur titulaire au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine Crédit : CHU de Québec - Université Laval

Une stratégie vaccinale ciblée pour éliminer le cancer du col de l’utérus

Selon une étude dirigée par Marc Brisson, professeur titulaire au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses et chercheur du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, un modèle de stratégie vaccinale pour lutter contre le virus du papillome humain (VPH) dans les pays à revenu faible ou intermédiaire surpasse les autres en termes d’efficacité.

Ainsi, pour réduire les risques de cancer du col de l’utérus dans ces pays, il est préférable de prioriser la vaccination des jeunes filles jusqu’à l’âge de 20 ans, avec une seule dose. Publiée dans The Lancet Global Health, l’étude repose sur un modèle mathématique comparant 162 scénarios dans 67 pays.

« Nos résultats montrent que la priorité, lorsqu’on dispose de ressources limitées, est de vacciner les jeunes filles. Ensuite, si des moyens supplémentaires sont disponibles, on peut élargir la vaccination aux filles plus âgées, aux femmes, puis, une fois une couverture élevée atteinte, envisager la vaccination des garçons », explique le professeur Brisson.

Cette approche ressemble sensiblement à celle déjà adoptée au Québec depuis 2008, où la vaccination a d’abord débuté avec les filles avant d’être étendue aux garçons. Quant au nombre de doses, il a progressivement été réduit, passant de trois à une seule.

Recommandations et défis

Ces résultats permettront d’orienter les recommandations en santé publique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et aideront les pays à revenu faible et intermédiaire à évaluer, en fonction de leur disponibilité en vaccins et de leur budget, quelles populations cibler pour la vaccination.

L’étude souligne toutefois des défis majeurs : coût élevé des vaccins, hésitation vaccinale et difficultés logistiques pour atteindre les adolescentes hors du système scolaire. Ces obstacles sont particulièrement préoccupants dans les régions où le cancer du col de l’utérus lié à une infection par le VPH est le plus fréquent, comme l’Afrique subsaharienne et l’Amérique latine.

Pour Marc Brisson, il y a encore beaucoup à faire avant d’atteindre l’objectif d’éliminer ce cancer.

« Ce que nous observons actuellement, c’est que l’élimination du cancer du col de l’utérus semble atteignable dans les pays à revenu élevé. Cependant, cette élimination est loin d’être garantie dans les pays à faible revenu, où la couverture vaccinale demeure très faible. »

Pour la suite de ses travaux, l’équipe du professeur Brisson souhaite mettre en lumière les inégalités entre les pays à faible revenu et ceux à revenu élevé, comme le Canada et les États-Unis, dans un contexte où le financement international diminue. Ces disparités sont accentuées par le coût élevé des campagnes de vaccination, qui demeure l’un des principaux obstacles à l’atteinte d’une couverture vaccinale optimale dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les signataires de l’étude affiliés au centre de recherche sont : Élodie Bénard (1re autrice), Mélanie Drolet, Guillaume Gingras, Jean-François Laprise, Andrée-Anne Sabourin et Marc Brisson.

L’étude a été financée par l’Organisation mondiale de la santé, les Instituts de recherche en santé du Canada et la Gates Foundation.