Face au contexte géopolitique actuel et à la menace de l’insécurité alimentaire, la question de l’autonomie alimentaire au Québec revient au premier plan
Le 9 septembre dernier au pavillon Ferdinand-Vandry, Colombe St-Pierre, cheffe culinaire de renommée, et Geneviève Parent, professeure à la Faculté de droit, sont venues partager leurs visions pour un Québec plus autonome en matière d’alimentation. La discussion a été animée par Mélanie Lemire, professeure en santé environnementale.
L’autonomie alimentaire, c’est la capacité d’un territoire à produire ce dont il a besoin pour sa consommation.
-Colombe St-Pierre, cheffe culinaire
Le modèle économique agroalimentaire québécois dépend lourdement des marchés internationaux. La question de l’autonomie alimentaire redevient cruciale à l’heure où l’insécurité alimentaire touche une personne sur cinq au Québec, et que, selon Geneviève Parent, la sécurité alimentaire devient une question de sécurité nationale dans le contexte géopolitique actuel.
D’autant plus que l’autonomie alimentaire pourrait très bien contribuer à adresser certains enjeux liés à l'environnement et à la santé. Le Québec peut compter sur son espace juridique prometteur ainsi que sur sa fibre innovante pour cultiver son autonomie alimentaire.
Tous ceux et celles qui mangent, transforment, font des lois, ou étudient, contribuent à l’autonomie alimentaire.
-Colombe St-Pierre, cheffe culinaire
Bien qu’une réforme de nos systèmes alimentaires doive être envisagée, l’autonomie alimentaire passe aussi par nos actions individuelles. On estime que près du tiers du gaspillage alimentaire de la province se déroule dans les ménages. La solution pour réduire ces pertes et donc contribuer à une meilleure autonomie est simple : apprendre à cuisiner ! Les compétences culinaires sont la clé qui permet aux mangeurs et aux mangeuses de tirer profit de leurs fonds de frigo.
Bien connaître les produits du Québec permet aussi de mieux les repérer à l’épicerie. Les consommateurs et les consommatrices ont beaucoup de pouvoir dans la quête à l’autonomie alimentaire. C’est à partir de changements dans les modes de vie et de consommation que le reste de la chaîne agroalimentaire pourra muter vers un paradigme de l’approvisionnement local.
Une insécurité alimentaire grandissante, des producteurs locaux en péril, un climat qui se réchauffe : devant la stagnation du modèle agroalimentaire dominant face à ces enjeux, il y a de quoi se révolter. Et, comme dit la professeure Geneviève Parent, « choisir les produits du Québec, c’est pogner les nerfs ! »


