Une compétition qui mobilise la communauté universitaire pour répondre à un besoin croissant
Le plasma : souvent méconnu du grand public, il est pourtant indispensable à la fabrication de médicaments spécialisés utilisés pour traiter de nombreuses maladies rares, des déficits immunitaires, certaines maladies neurologiques et diverses affections auto-immunes. Or, le Québec n’est pas autosuffisant en plasma, loin de là, et doit s’approvisionner en partie à l’étranger afin de répondre à la demande croissante. Et si vous faisiez partie de ceux qui, par leurs dons, font la différence ? La Plasmattaque vous attend !
Du 2 au 14 novembre, la communauté universitaire est invitée à participer à la Plasmattaque, un défi interuniversitaire de don de plasma porté à l’Université Laval par l’association étudiante Héma-Campus. L’objectif : sensibiliser la population étudiante et les membres du personnel à l’importance du don de plasma et, ce faisant, contribuer à répondre à un besoin grandissant au Québec.
Pour Marianne Gagnon, étudiante en médecine et au doctorat en sciences pharmaceutiques et fondatrice d’Héma-Campus, cet enjeu mérite d’être davantage connu des jeunes adultes. « Au début, je me suis impliquée pour démystifier le don de sang et le don de plasma. J’avais l’impression que les étudiants connaissaient peu cette réalité. Pourtant, lorsqu’on l’essaie, on réalise à quel point c’est simple à intégrer à son quotidien », explique-t-elle.
Créer une nouvelle génération de donneurs
L’une des motivations de Marianne Gagnon consiste à « former » la relève. C’est que les donneurs réguliers, souvent plus âgés, quitteront éventuellement les rangs des donneurs actifs au cours des prochaines années. « On voulait créer un pont avec les étudiants, créer une nouvelle génération de donneur et montrer qu’il est possible d’ajouter le don à son horaire comme n’importe quelle autre activité », souligne-t-elle.
Elle-même profite souvent d’une fin de journée de cours pour se rendre au centre de dons de Sainte-Foy. Cette proximité avec le campus et les heures d’ouverture allongées constituent d’ailleurs des avantages importants pour les membres de la communauté universitaire.
Derrière chaque don, une personne qui en a besoin
Pour Stéphanie Dubreuil, elle aussi étudiante en médecine, l’importance du don de plasma n’est pas qu’une question de statistiques. Elle est profondément personnelle. C’est qu’alors qu’elle avait seulement 4 ans, elle a été hospitalisée en raison de la maladie de Kawasaki, une maladie pédiatrique rare pouvant entraîner de graves complications cardiaques si elle n’est pas traitée rapidement. « J’ai reçu un traitement à base d’immunoglobulines provenant du plasma. Ma mère racontait que quelques heures seulement après le traitement, elle voyait déjà une différence. En moins de 24 heures, je recommençais à marcher », se souvient-elle.
Transformer la sensibilisation en action
Aujourd’hui, elle ne conserve aucune séquelle de la maladie. Elle a, par contre, acquis la certitude qu’elle devait s’impliquer et poursuit aujourd’hui son engagement en encourageant son entourage à découvrir le don de plasma. « Beaucoup de gens ne connaissent simplement pas cette possibilité. Quand on leur en parle, plusieurs décident d’essayer et deviennent des donneurs réguliers », raconte-t-elle.
C’est précisément cette mission que poursuit la Plasmattaque. Inspirée d’initiatives étudiantes ayant connu un grand succès ailleurs au Québec, cette compétition amicale vise à mobiliser les campus universitaires autour d’une même cause : augmenter le nombre de dons de plasma. Pour participer, les membres de la communauté universitaire doivent prendre rendez-vous dans l’un des centres de dons d’Héma-Québec de Sainte-Foy, Lebourgneuf ou Lévis, puis mentionner leur participation à la Plasmattaque d’Héma-Campus de l’Université Laval lors de leur don.
Pour Marianne Gagnon, le message est simple. « Tout don est meilleur qu’aucun don. Que ce soit une fois par année ou régulièrement, chaque personne peut faire une différence. »
Dans un contexte où les besoins en produits plasmatiques continuent de croître, ce geste de solidarité prend tout son sens. Derrière chaque don se trouve peut-être un enfant atteint d’une maladie rare, une personne immunodéprimée ou un patient dont la qualité de vie dépend d’un traitement issu du plasma. Une réalité qui rappelle qu’un peu de son temps peut avoir des répercussions durables sur la vie de quelqu’un d’autre.
Le don de plasma, comment ça fonctionne
Selon Héma-Québec, le don de plasma se distingue du don de sang traditionnel par l’utilisation d’une technique appelée aphérèse. Pendant le prélèvement, une machine recueille uniquement le plasma et retourne les autres composantes sanguines au donneur. Cette méthode permet de récolter davantage de plasma qu’un don de sang et, puisque le plasma se régénère rapidement, il est possible de donner tous les six jours. Ce qui signifie que, comme le défi Plasmattaque prend place du 2 au 14 novembre, on peut donner plus d’une fois pendant celui-ci et multiplier sa contribution. À titre comparatif, l’intervalle entre les dons de sang varie de 56 à 84 jours selon le sexe.
Le prélèvement de plasma lui-même dure environ 45 minutes et l’ensemble de la démarche prend généralement autour d’une heure. Le plasma peut ensuite être utilisé de deux façons : on peut s’en servir directement, pour transfuser les patients en cas d’hémorragie grave ou pour soigner les grands brûlés, par exemple. On peut aussi le transformer pour fabriquer des médicaments spécialisés d’une importance critique, que l’on appelle des « produits plasmatiques ». Cette deuxième utilisation requiert de grandes quantités de plasma.
Faire un don de plasma
Vérifier son admissibilité
