La vulnérabilité et la résilience au cœur des recherches
La Faculté de médecine présente un tout nouvel épisode de son balado Santé sans rendez-vous, cette fois consacré au stress, un phénomène omniprésent et pourtant encore largement méconnu dans ses mécanismes biologiques et ses impacts sur la santé.
Cet épisode met en lumière les travaux de Caroline Ménard, professeure agrégée au Département de psychiatrie et de neurosciences de la Faculté de médecine, et chercheuse au Centre de recherche CERVO du CIUSSS de la Capitale‑Nationale.
Souvent perçu comme un ennemi à combattre, le stress possède aussi une fonction adaptative essentielle en permettant de réagir rapidement à une situation exigeante, de performer, de s’adapter. C’est avant tout l’exposition prolongée au stress chronique qui peut entraîner des effets délétères.
C’est à ce niveau que se situent les recherches de Caroline Ménard. « Ce qui nous intéresse, c’est de comprendre comment notre corps s’adapte à cette réponse au stress. Pourquoi certaines personnes deviennent déprimées, pourquoi d’autres deviennent résilientes ou le demeurent? On pense qu’en comprenant mieux non seulement la dépression, mais aussi la résilience, on pourrait trouver de nouveaux traitements pour ceux qui ne répondent pas à ce qui existe actuellement. »
Quand la biologie explique la vulnérabilité… ou la résilience
La chercheuse et son équipe étudient les effets du stress chronique sur le cerveau, notamment sur la barrière hémato-encéphalique, un système crucial qui le protège. Les recherches montrent que des différences individuelles influencent sur la réponse au stress, un aspect que l’équipe explore à l’aide d’une approche multidisciplinaire combinant modèles animaux – principalement des souris – et étude d’échantillons humains, notamment grâce à la Banque de cerveaux Douglas.
« Ce qui est intéressant, c’est que ce ne sont pas toutes les souris qui réagissent de la même façon, comme les humains. Il y en a qui vont développer de l’anxiété ou des comportements dépressifs, d’autres qui sont résilientes, qui vont agir comme des souris non stressées. On collecte les tissus des deux types, le cerveau, le sang, les organes internes, et on les analyse, on les compare pour tenter de découvrir ce qui les différencie. »
Du laboratoire à l’humain : vers une meilleure détection de la dépression
L’identification de biomarqueurs permettant de détecter la dépression de façon plus précise pourrait mener au développement de nouveaux traitements. C’est un aspect important des recherches de Caroline Ménard dans un contexte où l’évaluation repose essentiellement sur des questionnaires, faute de mesures biologiques reconnues.
Pour écouter l’épisode : fmed.ulaval.ca/balado
Pour en savoir plus sur la Clinique du PEPS et sur le Centre de recherche CERVO
cliniquedupeps.ulaval.ca et cervo.ulaval.ca
