De la formation à la pratique, une médecin de famille et deux étudiantes témoignent de la richesse humaine et professionnelle qu’offre la médecine en région.
À l’occasion de la Semaine canadienne de la santé rurale, qui avait lieu récemment, la Faculté de médecine lumière celles et ceux qui ont choisi de se former ou de pratiquer à l’extérieur des grands centres. Pour plusieurs, la région représente bien plus qu’un lieu d’apprentissage : c’est un milieu où la proximité, la diversité clinique et l’engagement envers la communauté donnent un sens particulier à la pratique médicale.
La médecine de famille est souvent associée à la continuité des soins, à la relation privilégiée avec les patientes et les patients et à la diversité des défis cliniques. En région, ces dimensions prennent une place encore plus importante.
À l’Université Laval, les sites de formation délocalisés et les groupes de médecine de famille universitaires (GMF-U) de région permettent aux étudiantes, étudiants, résidentes et résidents de découvrir un environnement d’apprentissage unique. Les résidentes et résidents peuvent notamment profiter d’une formation en échographie ciblée offerte sans frais, d’un accès privilégié à certains stages à option et d’occasions accrues d’explorer différents champs d’intérêt cliniques.
Ces milieux proposent également un accompagnement personnalisé grâce à la proximité des superviseures et superviseurs, tout en offrant une qualité de vie recherchée par plusieurs membres de la relève médicale.
Une pratique diversifiée et près des gens
Pour Arianne Boudreault, médecin de famille et enseignante au GMF-U de Rimouski, la découverte de la région a été déterminante. Originaire de Lévis, elle a effectué son externat longitudinal intégré et sa résidence à Rimouski avant d’y établir sa pratique. « Je suis arrivée à Rimouski pour l’externat sans jamais y avoir mis les pieds et je ne suis jamais repartie », raconte-t-elle.
La collégialité, la proximité entre les professionnels de la santé et le sentiment d’appartenance à la communauté l’ont rapidement convaincue. Aujourd’hui, sa pratique comprend le suivi en bureau, l’hospitalisation, les soins de longue durée, la médecine en milieu carcéral ainsi que l’enseignement auprès des externes et des résidentes et résidents.
Pour elle, la médecine de famille permet d’accompagner les patients à travers les différentes étapes de leur vie tout en développant une pratique variée et stimulante. « Ce qui me plaît le plus, ce sont les gens, autant les collègues que les patients », résume-t-elle.
Apprendre dans sa communauté
L’intérêt pour la pratique en région se développe souvent dès les premières années de formation. Étudiante au doctorat en médecine au campus de Lévis, Kelly Godbout apprécie particulièrement l’environnement à taille humaine qu’offre ce site de formation. Originaire de Chaudière-Appalaches, elle y retrouve un fort sentiment d’appartenance à son milieu.
La petite cohorte étudiante, la proximité avec le personnel enseignant et la présence de l’Hôtel-Dieu de Lévis contribuent à rendre la formation concrète dès les premières étapes du parcours. « Nous avons la chance d’être exposés à la clinique très tôt et d’interagir avec des médecins d’expérience dès le début de notre formation », souligne-t-elle.
Selon elle, cette proximité favorise des apprentissages plus humains et permet de mieux comprendre la réalité des communautés desservies.
Se préparer à répondre aux besoins des régions
Étudiante de première année au doctorat en médecine et participante au projet Aventure médecine à Lévis, Rose Rutigliano partage cette vision. Originaire de Saint-Vallier-de-Bellechasse, elle a choisi d’étudier à Lévis afin de développer des liens avec une région où elle aimerait éventuellement pratiquer. « Habitant moi-même en campagne, je suis sensible aux enjeux d’accessibilité aux soins et au manque de médecins dans les milieux plus éloignés », explique-t-elle.
Elle souligne notamment les nombreuses occasions d’exposition clinique offertes dès le début de la formation ainsi que la proximité créée au sein d’une cohorte d’une trentaine d’étudiantes et d’étudiants.
Son parcours antérieur en ergothérapie, combiné aux réflexions suscitées par le vieillissement de ses grands-parents, a également nourri son intérêt pour une médecine accessible et adaptée aux réalités des populations vivant à l’extérieur des grands centres.
Former la relève là où elle est attendue
Pour plusieurs étudiantes, étudiants et médecins, la région représente un milieu où il est possible de développer une pratique diversifiée, de participer activement à la vie de sa communauté et de bénéficier d’une qualité de vie recherchée. Dans bien des cas, un stage ou un premier contact avec un milieu régional suffit pour transformer un projet d’études en véritable projet de vie.
