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Détail de la nouvelle

Vieillir en 2022 : à chacun son chemin

  • Source : Jean Hamann, ULaval nouvelles, 18 mai 2022
  • Responsabilité sociale
Vieillir en 2022 : à chacun son chemin

Les stéréotypes fondés sur l’âge alimentent l’âgisme et donnent une vision tronquée de la vieillesse

Il y a autant de façons de vieillir qu’il y a de personnes qui vieillissent. Faire abstraction de ce fait et réduire les personnes âgées à quelques caractéristiques stéréotypées peut mener à l’âgisme hostile ou à l’âgisme de compassion, deux forces qui érodent la liberté, le libre arbitre et les droits des personnes âgées.

Voilà quelques-unes des idées qui se dégagent de la table ronde « Vieillir en 2022 quelles significations? », présentée par le Vice-rectorat aux affaires externes, internationales et à la santé de l’Université Laval. Cette activité a eu lieu le 17 mai sur le campus, dans le cadre de la rencontre Vivre et vieillir à Québec, organisée par Vitam — Centre de recherche en santé durable.

Aline Charles, professeure au Département des sciences historiques et spécialiste de l’histoire de la vieillesse, a d’abord rappelé qu’au Moyen-Âge, la plupart des gens ne connaissaient pas leur propre âge.

« Historiquement, il n’y a pas d’âge qui fixe le début de la vieillesse. Au 18e siècle, quand les États ont voulu avoir un portrait plus précis de leur population afin de connaître le nombre d’hommes qui pourraient prendre les armes en cas de guerre, ils ont établi l’âge limite à 60 ans. À cette époque, cet âge correspondait à un stade de la vie beaucoup plus avancé que maintenant. La proportion de 60 ans et plus, ou de 65 ans et plus, dans la population est devenue une norme sociale de vieillesse qui s’est cristallisée, qui a perduré et qui a été utilisée dans les politiques sociales qui sont apparues par la suite. »

Au Québec, la loi définit clairement ce qu’est la jeunesse, a rappelé Christine Morin, spécialiste de la protection des droits des personnes âgées à la Faculté de droit. Ce n’est pas le cas pour la vieillesse.

« La Charte des droits et libertés protège les personnes âgées contre l’exploitation, mais elle ne précise pas quel est cet âge. Du côté des tribunaux, on définit la personne âgée comme étant une personne d’un âge plus avancé. Si le législateur et les tribunaux sont si prudents, c’est peut-être parce que la réalité des personnes âgées est très variée. On ne vieillit pas tous à la même vitesse ni dans les mêmes conditions. »

Le professeur Pierre Durand, de la Faculté de médecine, qui cumule 35 ans de pratique en gériatrie, peut en témoigner.

« Le vieillissement s’accompagne d’une perte de capacité fonctionnelle qui varie grandement selon les personnes. Éventuellement, le temps fait son œuvre et le corps de chaque personne finit par moins bien fonctionner. Certains entendent mal les conversations dans les réunions de famille. D’autres ont une moins bonne vue, ce qui rend la conduite automobile plus risquée. Les personnes âgées peuvent encore accomplir leurs rôles sociaux, mais avec des limitations fonctionnelles. Il peut alors s’opérer un glissement rapide vers l’exclusion des personnes âgées de certaines activités sociales. »

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