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Détail de la nouvelle

Un renfort apprécié en ces temps de pandémie

  • Faculté, Doctorat en médecine, Études post-MD

Les médecins résidents et les externes se mobilisent pour prêter main-forte aux équipes hospitalières

La durée de la pandémie met à dure épreuve les équipes de soins dans les secteurs névralgiques que sont les unités de soins intensifs et d’urgence. L’arrivée au Québec de nouveaux variants du coronavirus et les délais de livraison des vaccins peuvent retarder l’immunisation de la population, les soins d’urgence sanitaire risquent de se prolonger. Pour combler ces besoins, le CISSS de Chaudière-Appalaches et le CHU de Québec–Université Laval ont adressé une demande d’aide qui a eu un écho positif à la Faculté de médecine. La réorganisation des stages des médecins résidents et des externes a été entreprise rapidement.

« La responsabilité sociale est au cœur de nos actions et cette mobilisation en est une belle démonstration et me rend très fier de nos médecins résidents et externes qui ont accepté de donner un coup de main sur les unités de soins. Bravo également à notre corps enseignant et à nos équipes de gestion », souligne le doyen Julien Poitras.

Un appel à nos résidentes et résidents

C’est à la mi-décembre 2020 que le Vice-décanat aux études médicales postdoctorales a fait un appel au volontariat auprès des cohortes des médecins résidents. Plus d’une cinquantaine se sont portés volontaires et plusieurs d’entre eux y ont consacré une semaine, un résident a déplacé sa semaine de vacances et un autre a accepté de contribuer pour une période de 4 semaines.

« La priorité a été de respecter les exigences de leur formation et, selon leur horaire de stages, nous avons élaboré au cas par cas leur déploiement dans les centres en exerçant une vigie hebdomadaire. Les médecins résidents ont fait preuve de flexibilité et de grande collaboration. Ce stage en urgence sanitaire est exigeant, mais il permet également d’acquérir de nouvelles connaissances dans un contexte supervisé. » soutient la vice-doyenne aux études médicales postdoctorales Marie Arsenault.

« D’être exposé aux réalités des étages COVID a été une opportunité unique qui m’a permis de grandir comme médecin en plus de me rendre fier d’avoir fait ma part. J’ai pu développer considérablement mon autonomie dans la gestion de patients parfois instables en plus d’avoir eu le privilège d’être au premier plan quant aux décisions des niveaux de soins pour mes patients, qui doivent souvent être prises alors que les familles sont séparées par la distance imposée par la pandémie. Cette expérience m’a aussi permis de mettre des visages et de constater davantage les impacts directs et indirects de la COVID-19, autant sur les patients que sur leurs proches, mais aussi sur le personnel hospitalier qui fait un travail remarquable au quotidien malgré les circonstances exigeantes. » assure Francis Desmeules, résident en médecine d’urgence spécialisée.

Le feed-back des médecins urgentologues ou internistes responsables des unités a aussi permis d’évaluer le soutien des médecins résidents et d’évaluer régulièrement si des éléments devaient être améliorés ou ajoutés dans l’accueil ou l’intégration.

« Mon expérience sur l’étage COVID fut enrichissante sur toute la ligne. Tant au niveau médical qu’éthique et humain, j’ai pu développer des atouts qui me serviront pour le reste de ma résidence et en carrière, car j’ai aussi eu la chance d’apporter soutien physique et psychologique à des individus à la santé précaire. Mon quotidien consistait à épauler le médecin interniste en prenant le relai de la garde sur l’étage COVID en après-midi et en soirée. J’ai pu développer plusieurs atouts durant cette semaine mouvementée, surtout concernant la gestion de l’oxygénation et la discussion du niveau de soins avec les patients et leurs proches. La façon d’aborder ce thème souvent tabou avec les mots justes au bon moment est un art et prend certes plus d’une semaine à maîtriser. » relate Vincent Belhumeur, résident en médecine d’urgence spécialisée.

Nos externes en renfort

En ce qui concerne les externes, les changements en lien avec la pandémie (délestage et resserrement des mesures sanitaires) et les bouleversements de certains milieux de stages ont amené les responsables du programme du doctorat en médecine à modifier la séquence des stages de formation des externes juniors pour une période de trois semaines qui a débuté le 18 janvier 2021. Cette réaffectation exceptionnelle des étudiants et des étudiantes aura permis de maintenir en milieu clinique l’ensemble des externes en faisant d’eux une solution positive pour répondre à l’appel des établissements de notre communauté.

« 120 externes ont accepté de réaliser ce stage d’urgence sanitaire dans diverses unités du CHU de Québec-Université Laval, du CIUSSS de la Capitale Nationale, du CIUSSS de Chaudière-Appalaches et de l’IUCPQ. Leurs tâches ont été variées permettant de soutenir les efforts sur le terrain. Certains ont agi à titre de coach PCI (équipe de prévention et contrôle des infections), d’autres à titre de soutien aux soins infirmiers, aux préposés aux bénéficiaires ou comme aide de service. Leur implication en zone rouge s’est faite sur une base volontaire avec un engagement exemplaire de nos futurs et futures médecins » résume Marc Bouchard, directeur du programme du doctorat en médecine.

Le directeur de l’externat au programme de médecine Martin Lamarre parle avec reconnaissance et fierté de cette mobilisation :

« Nous avons estimé essentiel de répondre présentes et présents alors que nos collectivités en avaient besoin. Je suis très fier de nos étudiantes et étudiants qui ont su s’adapter à ce changement dans leur cursus et qui ont mis l’épaule à la roue de toutes sortes de façon. Nos milieux de formation nous ont témoigné leur appréciation pour cette mobilisation qui a permis de donner un peu d’air à notre système de santé dans une période de crise inédite. »

– Martin Lamarre

L’insertion d’un stage sanitaire forcé par les événements à cette étape de l’externat junior n’aura pas d’effet délétère sur la fin de la formation des externes et ne retardera pas leur diplomation. Certains stages de six semaines en cours au début janvier ont été écourtés d’une semaine, ce qui n’a pas affecté leur validité. Quant au stage suivant, il aura débuté deux semaines plus tard que prévu pour permettre de créer une fenêtre de trois semaines de stage sanitaire. Les deux semaines seront reportées à l’automne pendant une période de rattrapage que la direction de l’externat avait déjà aménagée dans l’horaire pour garder une flexibilité durant la pandémie.

Avec la chute rapide et prématurée de la deuxième vague, la suite des stages réguliers aura pu reprendre le 8 février pour presque tous les milieux. Seul l’IUCPQ aura nécessité quelques jours supplémentaires pour permettre la réintégration de tous les externes. La pandémie force des réajustements continuels et l’élaboration de plusieurs stratégies. La résilience et la grande capacité d’adaptation des étudiants et des étudiantes demeureront une belle source d’inspiration.