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Détail de la nouvelle

Planification préalable des soins

  • Santé des populations et pratiques optimales en santé, Recherche, Département de médecine familiale et médecine d'urgence
France Légaré, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la décision partagée et l’application des connaissances et co-chercheuse principale de ce projet

Une nouvelle étude évalue la meilleure approche dans les milieux de soins primaires

Face à l’actuelle pandémie de COVID-19, la planification préalable des soins prend toute son importance, mais parler avec nos patients atteints d’une maladie grave de ce qu’ils préfèrent et de ce qu’ils souhaitent concernant leurs soins peut être angoissant. Aussi, lorsque ces conversations n’ont pas lieu, les patients peuvent se retrouver avec divers tests et traitements qu’ils ne désirent pas ou qui ne sont pas en lien avec leurs objectifs, leurs valeurs et leurs préférences. Une nouvelle étude internationale vise à éviter ce scénario en évaluant comment la planification préalable des soins peut être facilitée dans les milieux de soins primaires pour les patients souffrant de maladie grave.

« Les médecins de famille sont bien placés pour amorcer une planification préalable des soins avec leur patient. Leurs relations de longue date avec leurs patients les placent dans une position de confiance pour engager ces discussions très importantes avec leurs patients sur leurs objectifs, leurs valeurs et leurs préférences en matière de soins », déclare France Légaré, professeure au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence de l’Université Laval, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la décision partagée et l’application des connaissances et co-chercheuse principale de ce projet.

Mais quelle est la meilleure approche pour amorcer ces discussions et mener une planification préalable des soins dans les milieux de soins primaires?

Le réseau RRAPPL-UL est l’un des sept réseaux de recherche basés sur la pratique (PBRN) et l’un des deux réseaux canadiens qui font partie d’un consortium, le Meta-Network Learning Research Centre (Meta-LARC), qui participent à cette vaste étude internationale visant à aborder cette question.

L’étude, financée par le Patient-Centered Outcomes Research Institute® (PCORI), a pour objectif de déterminer si dans les soins primaires, il est plus efficace de cibler la mise en œuvre d’un programme de planification préalable des soins, soit le programme de soins dans le cas de maladie grave (PSMG), par une approche centrée sur le clinicien, où un seul clinicien est responsable d’avoir une discussion sur la planification préalable des soins, compte tenu de la nature de la relation patient-clinicien, ou s’il serait préférable d’utiliser une approche axée sur le travail d’équipe, étant donné les contraintes de temps et de ressources auxquelles font face les cliniciens.

La population cible est composée d’adultes vivant dans la communauté et souffrant de maladies graves, qui ont une espérance de vie limitée, ainsi que leurs familles. Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé par grappes. Cette étude se déroule dans 42 cliniques de première ligne membres de sept PBRN situés dans 5 états américains et deux provinces canadiennes : le Colorado, l’Iowa, la Caroline du Nord, l’Oregon, le Wisconsin, le Québec et l’Ontario.

Au Québec, six Groupes de médecine familiale universitaire (GMF-U) ont été retenus pour mettre en œuvre l’une ou l’autre des deux approches, soit le GMF-U de Saint-Charles-Borromée, le GMF-U Laurier, le GMF-U des Etchemins, le GMF-U de l’hôpital Saint-François-D’Assise, le GMF-U de Trois-Pistoles et le GMF-U de Lévis. 

« La discussion sur la planification des soins en cas de maladie grave consiste à discuter avec nos patients de leurs objectifs de qualité de vie et de leur trajectoire de soins de santé au cas où leur situation se détériorerait. Cette discussion est non seulement fortement recommandée, mais elle est très appréciée des patients. La formation offerte dans le contexte du projet de recherche Meta-LARC permet de structurer cette discussion. J’ai utilisé cette approche avec mes patients et le résultat fut extrêmement positif, cela a renforci la relation médecin-patient » déclare Jean-Sébastien Paquette, médecin de famille au GMF-U de Saint-Charles-Borromée.

« Comme médecin urgentologue et de soins intensifs, mon travail est souvent perçu comme celui qui va tenter de sauver la vie des gens, ceci étant dit... tous les outils auxquels j’ai accès ont éventuellement leurs limites. Mon travail le plus important est alors celui de soigner et non plus de tenter de guérir. En ce sens, la discussion que les patients peuvent avoir avec leur médecin de famille alors qu’ils ne sont pas hospitalisés et lorsqu’ils sont encore bien, me permet de mieux soigner lorsque les patients sont admis à l’urgence ou aux soins intensifs et offrir des soins qui concordent avec les souhaits des patients » explique Patrick Archambault, médecin urgentologue intensiviste collaborateur au projet.

L’ensemble des professionnels de la santé font face à des temps particulièrement difficiles ces jours-ci, mais s’il y a du positif à tirer de cette situation, c’est qu’elle aura permis de mettre en lumière l’importance des discussions reliées à la planification préalable des soins. Dans la traversée de cette crise, tous les membres de l’équipe du projet travaillent fort afin de soutenir les milieux de soins primaires et assurer qu’ils aient en main les outils nécessaires pour une planification préalable des soins adaptés à ce contexte de COVID-19, tout en visant un objectif ultime de pérennisation des discussions sur la planification préalable des soins, discussions d’une grande importance pour nos patients. Il demeure primordial de promouvoir des soins centrés sur les préférences des patients à toutes les étapes de leur vie, et ce même dans les temps les plus difficiles.

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