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Détail de la nouvelle

La recherche sur le vieillissement

  • Recherche, Faculté

Découvrez la richesse de notre communauté scientifique et son impact dans le monde en suivant la série Les mots qui courent

Une nouvelle série d’entretiens mensuels avec les chercheuses et les chercheurs de la Faculté de médecine sur de grands thèmes et enjeux actuels en santé. Découvrez la richesse de notre communauté scientifique et son impact dans le monde en suivant cette série prenant la forme d’entrevues, de capsules ou d’opinions. Vous pourrez avoir accès à un état de la situation sur de grands enjeux de santé. Cette série vous permettra également de découvrir ces hommes et femmes qui travaillent souvent dans l’ombre, avec acharnement et passion, à faire avancer les connaissances en santé.

Juin : la recherche sur le vieillissement

À moins de fréquenter ou d’avoir la responsabilité d’un ou d'une proche qui prend de l’âge, nous avons habituellement une idée plutôt vague de la santé des personnes aînées.

Bien que plusieurs personnes d’âge mûr soient actives, dynamiques et autonomes, leurs conditions de vie et de santé peuvent dégénérer rapidement et certains dangers peuvent survenir, comme la multimorbidité et la polymédication.

Que signifient ces termes? L’équipe de la Chaire de recherche sur le vieillissement, dont la titulaire est la chercheure Caroline Sirois, répond, entre autres, à cette question.


Pascale Tremblay et Élisabeth Maillard

La Chaire de recherche sur le vieillissement en quelques mots

La Chaire de recherche sur le vieillissement soutient la recherche clinique, épidémiologique et évaluative appliquée au domaine du vieillissement. Elle appuie également la formation en gériatrie afin de préparer les cliniciens à réaliser des interventions efficaces et adaptées à la condition des aînés. La Chaire valorise les approches multidisciplinaires avec une ouverture sur les dimensions psychologiques et sociales des personnes âgées. Concrètement, la Chaire supporte les activités de plusieurs chercheurs et étudiants qui œuvrent au Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec et collabore étroitement avec l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés (IVPSA).

Qui sommes-nous?

L’équipe immédiate de la Chaire de recherche sur le vieillissement se compose de seize personnes. La titulaire, Caroline Sirois, est professeure au Département de médecine sociale et préventive. Elle est appuyée dans ses fonctions par Emmanuelle Gosselin, étudiante à la maîtrise en santé publique, qui remplit le rôle de coordonnatrice. Mireille Fortier, professionnelle de recherche et coordonnatrice de l’IVPSA, prendra sa relève prochainement. Treize étudiants de deuxième et troisième cycles complètent l’équipe.

Quelques thèmes de recherche de l’équipe de la Chaire : multimorbidité, polymédication, usage optimal des médicaments et déprescription

Avec le vieillissement de la population, nous assistons à une augmentation importante de la prévalence et de l’incidence des maladies chroniques. Il est ainsi fréquent que les personnes accumulent plusieurs maladies de manière concomitante, une condition décrite comme la multimorbidité. Il est primordial de traiter adéquatement ces maladies, mais cela implique souvent l’utilisation simultanée de plusieurs médicaments, d’où le terme polymédication. Cette grande utilisation de médicaments peut elle-même mener à une augmentation de risque pour la santé (interactions médicamenteuses, risque accru d’effets secondaires, etc.). Par ailleurs, peu de données probantes permettent de soutenir les pratiques médicales en multimorbidité, puisque peu d’études ont été menées jusqu’à présent chez les aînés présentant plusieurs maladies. Surgissent dès lors plusieurs questions : comment devrait-on traiter les maladies chroniques chez les personnes âgées pour que ces approches demeurent cliniquement et éthiquement acceptables? Ce qui est bon pour un adulte de 50 ans l’est-il pour l’aîné de 95 ans? La recherche menée par les membres de la Chaire vise particulièrement ces enjeux individuels et collectifs liés aux maladies chroniques et à leurs traitements chez les aînés.

Quelques résultats d’études menées par l’équipe de la Chaire

Nos projets de recherche actuels visent à mieux décrire et comprendre la multimorbidité de même que l’usage et l’arrêt (déprescription) des médicaments chez les personnes âgées au Québec. Par exemple, nous développons, en collaboration étroite avec l’Institut national de santé publique du Québec, la surveillance de la polymédication chez les aînés. La surveillance permettra de dresser le portrait de la polymédication dans la population âgée de 65 ans et plus au Québec et d’en suivre l’évolution dans le temps. Elle complètera bien la surveillance de la multimorbidité qui est déjà en place pour la population québécoise. Nos travaux récents ont par exemple permis de constater que les Québécois de plus de 65 ans utilisent en moyenne 8,8 médicaments différents dans une année. Il est donc primordial de s’assurer que cet usage est approprié. De fait, on sait que plus le nombre de médicaments augmente, plus le risque est grand de consommer un médicament potentiellement inapproprié, c’est-à-dire un médicament qui n’apporte pas de bénéfices ou qui augmente le risque d’effets indésirables. Notre équipe a constaté qu’environ un aîné sur deux au Québec utilise au moins un médicament potentiellement inapproprié par année. Nous souhaitons donc bien caractériser ces usages, établir quelles sont les polymédications qui apportent des bénéfices réels et lesquelles sont associées à des effets néfastes, et identifier des façons de bien déprescrire les médicaments qui ne sont pas ou plus nécessaires.

Que peut-on faire pour améliorer la situation quant à la polymédication?

Nos recherches permettront de mieux connaître et comprendre les enjeux de la polymédication afin d’informer les cliniciens et la population sur l’usage approprié des médicaments. Mais nous constatons que pour renverser la vapeur en termes de polymédication et assurer un usage adéquat de médicaments, un changement de culture profond est nécessaire. Les patients et leurs proches peuvent jouer un rôle prépondérant dans ce changement de culture. Ils peuvent, entre autres, poser des questions pour s’assurer que les bénéfices à tirer des traitements reçus sont plus grands que les risques. Il est en fait important de savoir que certains produits deviennent moins appropriés lorsqu’on vieillit : le corps change et le rapport risques/bénéfices peut s’inverser avec le temps. Ce qui était bon pour une personne il y a vingt ans peut ne plus l’être; et de ce fait, il convient d’envisager de cesser le traitement. Prendre le temps de réviser régulièrement les traitements que l’on reçoit est une bonne façon de s’assurer que le rapport risques/bénéfices est toujours favorable, et permet de prévenir le développement de polymédications inappropriées. En somme, il ne faut pas tenir pour acquis qu’il est normal d’avoir beaucoup de médicaments seulement parce qu’on vieillit!

Pour vieillir en santé, les pilules ne sont pas une solution unique

L’objectif ultime de nos travaux de recherche est de permettre un vieillissement en santé. Bien que les médicaments jouent un rôle important dans le fait de demeurer en santé et de réduire les problématiques liées aux maladies, le recours aux médicaments n’est pas une panacée. Il faut bien choisir les thérapies qui apporteront le plus de bénéfices et conduisent à des risques minimes. Comme pour bien des choses, la modération a souvent meilleur goût!


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