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Détail de la nouvelle

La recherche en périnatalité et santé de l'enfant

  • Recherche, Faculté

Découvrez la richesse de notre communauté scientifique et son impact dans le monde en suivant la nouvelle série Les mots qui courent

Une série d’entretiens mensuels avec les chercheuses et les chercheurs de la Faculté de médecine sur de grands thèmes et enjeux actuels en santé. Découvrez la richesse de notre communauté scientifique et son impact dans le monde en suivant cette série prenant la forme d’entrevues, de capsules ou d’opinions. Vous pourrez avoir accès à un état de la situation sur de grands enjeux de santé. Cette série vous permettra également de découvrir ces hommes et femmes qui travaillent souvent dans l’ombre, avec acharnement et passion, à faire avancer les connaissances en santé.

Août : la recherche en périnatalité et santé de l’enfant

Santé maternelle, fœtale, néonatale et santé physique et bien-être des enfants et des adolescents sont des préoccupations qui requièrent l’attention de tous puisque les tout-petits et les jeunes ne peuvent identifier ou remédier à leurs problèmes de santé. 

Les questions d’actualité visant une grossesse idéale, une période périnatale, de l’enfance et de l’adolescence optimale interpellent chaque membre de notre société, car les lacunes peuvent avoir des effets déplorables à court, moyen et long termes. Bien sûr, les structures gouvernementales et familiales visent à prémunir, autant que faire se peut, l’intégrité physique et morale de cette partie de notre population, mais la recherche fait aussi son bout de chemin dans le but de prévenir et de guérir. Trois chercheuses ont répondu à nos questions.


Aida BairamAida Bairam

Médecin clinicienne enseignante titulaire
Département de pédiatrie

Domaine de recherche

Depuis le début de ma spécialité en médecine néonatale il y a presque 30 ans, j’ai été soucieuse des conséquences d’une hospitalisation prolongée en lien avec la persistance des arrêts respiratoires chez nos enfants nés prématurément et particulièrement ceux de moins de 29 semaines de gestation. Ces arrêts sont préoccupants, car souvent associés à des diminutions des niveaux d’oxygène sanguin et à un ralentissement important du rythme cardiaque alors que le bébé est autrement prêt à être à la maison. Puisque ces problèmes reflètent une immaturité des circuits nerveux régulant la respiration, il est donc essentiel de mieux comprendre leur fonctionnement ainsi que leur développement afin de choisir le médicament le plus approprié pour traiter ces arrêts respiratoires. Ce besoin de nouvelles connaissances est la principale motivation derrière notre programme de recherche tant clinique que fondamentale.

Ce large domaine de recherche est étudié grâce à la collaboration de mes collègues avec qui nous formons un groupe permettant de couvrir de façon complémentaire plusieurs aspects de ce sujet fascinant. Dr Richard Kinkead, avec son modèle de séparation maternelle, évalue l’impact du stress péri et postnatal mimant ainsi la naissance prématurée. Dr Vincent Joseph s’intéresse au rôle de la privation précoce des hormones maternelles et placentaires. Dr Jorge Soliz dirige ses études sur la protection des dommages cellulaires provoqués par les arrêts respiratoires et le manque d’oxygène et enfin mes études s’intéressent aux traitements pharmacologiques et leurs interactions avec certains neurotransmetteurs au niveau des structures périphériques et centrales qui contrôlent la respiration.

Avez-vous fait des découvertes particulières?

Nous avons mis en évidence chez l’animal l’influence du sexe sur le développement du système du contrôle respiratoire et démontré que ce système est plus fragile chez le mâle que chez la femelle. Cette fragilité se traduit par une exagération de la survenue des arrêts respiratoires face à l’exposition aux différents stress environnementaux ou pharmacologiques, une perturbation plus importante dans l’équilibre entre neurotransmetteurs protecteurs et excitateurs de la cellule nerveuse et enfin une prévention de dommages cellulaires par les hormones sexuelles. Cette différence, en fonction du sexe, retrouvée à l’âge adulte suggère la participation du stress périnatal dans le développement de l’apnée du sommeil à long terme.

Chez les prématurés, la caféine est fréquemment administrée afin de stimuler la respiration et réduire les arrêts respiratoires. Notre analyse d’une base de données colligées par le Réseau canadien néonatal a démontré que les filles nées prématurément sont sevrées de la caféine plus rapidement que les garçons suggérant que les circuits respiratoires des filles se développement plus rapidement. 

Nos recherches se poursuivent pour mieux comprendre cette différence liée au sexe afin d’améliorer la prise en charge lors de la période néonatale et à l’âge adulte. En effet, fonctionner en groupe (se supporter financièrement, être coinvestigateurs sur les demandes de fonds, codiriger des étudiants et partager nos connaissances) nous a permis de se placer en tant que leaders dans ce domaine de recherche et acquérir une reconnaissance nationale et internationale par nos pairs. Nous participons ainsi au rayonnement de notre Faculté de médecine.


Marie GrandissonMarie Grandisson

Professeure adjointe
Département de réadaptation — programme d’ergothérapie

Domaine de recherche

Mes projets de recherche portent sur le développement des capacités des milieux éducatifs à favoriser l’inclusion et la pleine participation des enfants présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. Plus précisément, je m’intéresse aux pratiques des ergothérapeutes qui s’inscrivent dans une démarche de renforcement des capacités des milieux naturels de ces enfants. Au-delà des interventions en pratique individuelle, je suis surtout impliquée pour développer les pratiques qui visent à outiller les éducateurs, les enseignants ou les parents à adapter les environnements et les activités pour favoriser la participation de ces enfants aux côtés de leurs pairs sans incapacité.

Avez-vous un conseil à l’intention des parents?

J’invite les parents à sensibiliser leurs enfants à la différence dès le plus jeune âge et à l’accueillir comme une richesse. Chaque enfant est unique, qu’il ait une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme, une déficience physique ou non. Chacun a ses forces et ses défis. Le fait de montrer à votre enfant à accepter les différences des autres peut l’aider à accepter les siennes. Soyez attentifs aux réactions de votre enfant quand il rencontre un enfant présentant une incapacité et n’hésitez pas à discuter avec lui. Si le développement de votre enfant vous inquiète, parlez-en aux intervenants qui travaillent auprès de lui ou à votre professionnel de la santé. Tentez de porter attention à ses forces autant qu’à ses défis.


Audette Sylvestre

Audette Sylvestre

Professeure titulaire
Département de réadaptation — programme d’orthophonie

Domaine de recherche

Une grande partie de ma programmation de recherche a pour but de décrire les trajectoires développementales du langage d’enfants pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse pour cause de négligence. Ces enfants sont confrontés à de nombreux facteurs personnels et environnementaux qui les placent à haut risque de connaître des difficultés langagières. Nous voulons donc aussi identifier l’influence de ces facteurs de risque sur la trajectoire développementale empruntée par chaque enfant. Cette perspective écologique du développement contribue à mieux cibler les interventions visant à contrer les effets négatifs de la négligence sur le développement langagier des enfants.

Avez-vous un conseil à l’intention des parents?

L’acquisition du langage est l’une des plus importantes réalisations de l’enfance. Proposer des interactions sensibles et chaleureuses est le premier ingrédient de l’acquisition du langage, car cela jette les bases d’un échange positif. Il importe d’être attentif aux signaux de l’enfant — ce n’est pas toujours de la parole ça peut être un geste, un regard — qui montrent ce qui retient son attention. Parler à propos de ce qui intéresse l’enfant favorise sa curiosité pour les sons, les mots et les phrases utilisés par l’adulte et contribue à son apprentissage. Répéter ses productions en les corrigeant au besoin (et non pas le faire répéter !) fait en sorte de lui fournir les modèles dont il s’approchera graduellement. Le langage s’acquiert tout à fait naturellement à travers les expériences d’interactions que vit l’enfant avec son entourage, il ne faut donc pas s’en faire. Susciter et entretenir le plaisir de communiquer est ce qui compte le plus !


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