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Détail de la nouvelle

Échange étudiant marquant

  • Doctorat en médecine
Ainasahy RAZAKARIVONY

Un étudiant en médecine du Madagascar témoigne de son passage à la Faculté

Par son devoir de responsabilité sociale, la Faculté s’engage en santé mondiale à l’international de diverses façons, notamment en adhérant à des programmes d’échanges étudiants.

Ces échanges sont l’occasion pour les étudiants et les étudiantes d’être exposés à d’autres approches professionnelles et à une autre organisation des soins de santé, de développer une sensibilité culturelle et une considération des facteurs culturels dans la dispensation des soins et de développer leur capacité d’adaptation. Au final, ils feront d’eux et d’elles de meilleurs professionnels et professionnelles de la santé.

À l’automne 2019, dans le cadre d’un échange bilatéral (profil international) avec l’Université d’Antananarivo, au Madagascar, la Faculté de médecine a accueilli l’étudiant au doctorat en médecine Ainasahy RAZAKARIVONY. Cet externe a bénéficié d’une bourse de l’Agence universitaire de la francophonie qui a couvert l’ensemble des dépenses associées à son stage au Québec. De retour chez lui, ce dernier a tenu à nous transmettre ce témoignage inspirant relatant son passage chez nous.

En automne 2019, j’ai pu participer à un programme d’échange bilatéral d’étudiants entre les deux facultés de médecine de l’Université Laval à Québec et l’Université d’Antananarivo à Madagascar.

Il s’agissait d’un stage de formation en médecine familiale que j’allais effectuer au Québec pendant trois mois. […]

La première semaine d’installation et d’adaptation a été sans grands soucis. Évidemment comme c’était la première fois que je venais dans un pays occidental, et particulièrement en Amérique du Nord, presque tout me fascinait. Les bâtiments sont énormes, les rues très larges, les systèmes de service informatisés, les lieux publics toujours propres et entretenus. En plus de cela, la mentalité de la population québécoise était ce qu’il y avait de plus frappant pour moi. Les personnes sont disciplinées, très ouvertes, faciles d’approche, chaleureuses, et toujours serviables. […]

Au début du stage, j’étais très anxieux à l’idée de me confronter à cette toute autre réalité. J’appréhendais que le système de santé soit très différent, que les moyens de prise en charge des patients soient très avancés, que le niveau de connaissance du personnel de santé soit très pointu, les patients difficiles et exigeants, et que je ne puisse pas être à la hauteur des exigences de tous. J’avais peur de ne pas être bon et de ne pas faire honneur à mon pays.

Mais quand j’ai commencé à observer, puis à pratiquer, mes peurs se sont dissipées. Car les patrons superviseurs me rassuraient, m’enseignaient et m’écoutaient. Et contre toute attente, je n’ai jamais ressenti ne serait-ce qu’une fois, l’impression d’être inférieur ou moins bon que tout le monde. C’est là que j’ai compris leur clé du succès. Les professeurs donnent toujours une critique objective et constructive, ne négligent jamais l’opinion de l’élève. Avant de donner une correction, ils disent presque toujours « tu as raison dans ta démarche, mais moi ce que je ferai c’est telle ou telle chose… » ou bien « je suis d’accord avec ton raisonnement, mais tu pourrais aussi faire comme tel… ». Jamais un enseignant n’irait sous-estimer ou rabaisser les apprenants. Voilà qui rend l’étudiant plus rassuré et moins mal à l’aise, même quand il commet des erreurs. Après les supervisions, le professeur vient toujours exposer les points positifs dans ce qu’a fait l’apprenant, autant que les points à améliorer.

Les Québécois accordent beaucoup d’importance à l’écoute. Les enseignants poussent l’étudiant à s’exprimer et à donner son avis, chose à laquelle je n’ai pas été habitué dans mon pays. […]

À côté de tout ça, le climat au Canada est un tout autre défi. Durant mon séjour, j’ai vu défiler les trois saisons d’été, d’automne et le début de l’hiver. Et c’est fou comme les contrastes des saisons se font vraiment ressentir. On passe d’une longue journée chaude d’été où il fait encore clair jusqu’à 20 heures du soir, à une courte journée glaciale en hiver où il fait déjà noir à 16 heures. Et entre les deux, on voit défiler l’automne avec ses belles couleurs. J’ai eu la chance de connaitre une tempête de neige les premières semaines d’hiver. Partir de la maison avec cinq couches d’habits, des tuques, des gants et des bottes d’hiver, braver le vent qui souffle fort jusqu’à ne plus sentir la peau de mon visage, traverser les bandes de neiges qui montent jusqu’aux genoux… c’était une aventure que je n’aurais jamais cru vivre un jour. […]

Bref, mon séjour au Québec était une expérience unique qui m’a permis d’ouvrir les yeux sur le monde, de changer la façon de penser et d’interagir, de connaître la situation actuelle de mon pays et d’avoir une idée sur quelques objectifs que mon pays devrait essayer d’atteindre pour pouvoir avancer. Je suis décidé à apporter ma contribution pour améliorer la situation actuelle.