Entrevues | Témoignages
Concilier les rôles de clinicienne et de chercheure
Julie Lemieux
Professeur au Département de médecine de la Faculté, d’hématooncologue au Centre hospitalier affilié universitaire de Québec, et de chercheure au Centre de recherche du CHA
Si les journées comptaient 48 heures, il lui serait sans doute plus facile de concilier travail en clinique et activités de recherche. « Le grand problème, c’est le manque de temps », affirme la clinicienne-chercheure Julie Lemieux, qui conjugue les fonctions de professeur au Département de médecine de la Faculté, d’hématooncologue au Centre hospitalier affilié universitaire de Québec, et de chercheure au Centre de recherche du CHA.
Même si elle manque toujours de temps, Julie Lemieux réussit à répondre aux contingences quotidiennes sans perdre de vue l’horizon de ses recherches, qui portent entre autres sur la qualité de vie chez les femmes atteintes de cancer du sein, la cardio-toxicité et le recrutement en essai clinique, qui ne va pas toujours de soi. « Le recrutement dans les essais cliniques est faible (moins de 10 %). Cela a des conséquences importantes, puisque si le nombre de participants aux essais cliniques est trop faible, les essais seront plus longs à réaliser, et il faudra attendre donc plus longtemps avant d’obtenir les résultats ». Quelles sont les barrières au recrutement ? « J’essaie de les trouver ». En train d’analyser les résultats d’une étude rétrospective, Julie Lemieux peut déjà poser une hypothèse : « Il semble que la plus grande barrière à la participation aux essais cliniques soit que le protocole n’est pas proposé systématiquement à toutes les patientes admissibles. » Son téléavertisseur vient soudainement s’immiscer dans la conversation; « c’est toujours comme ça en clinique ! », lance celle qui aime remonter jusqu’aux sources de phénomènes qu’elle voit se manifester au quotidien.
