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Accouchement vaginal après une césarienne: un chercheur de Québec développe un nouvel outil
Emmanuel Bujold
Professeur-chercheur
(Québec) - Un chercheur de la Faculté de médecine de l'Université Laval, le Dr Emmanuel Bujold, a mis au point une méthode pour déterminer le succès d'un accouchement vaginal suivant un accouchement par césarienne.
La méthode est simple : mesurer par échographie l'épaisseur de la cicatrice laissée par la césarienne sur l'utérus, entre la 35e et la 38e semaine de grossesse. Si la paroi de l'utérus est supérieure à 2,3 mm, les risques sont réduits de moitié. Les résultats de l'étude du Dr Bujold et de ses collègues de l'Université de Montréal ont été publiés le 30 janvier, lors du congrès annuel de la Society for Maternal-Fetal Medicine à San Diego.
«Nos données sont tellement évidentes qu'elles ont suscité beaucoup d'intérêt. La salle débordait. Nos mesures sont un nouvel outil pour les gynécologues», dit le Dr Bujold.
Les médecins et les femmes hésitent à recourir à un accouchement vaginal après une précédente césarienne. Les médecins craignent les poursuites. Les femmes craignent les complications.
Une rupture de l'utérus est possible (un cas sur 200). «Mais neuf fois sur 10, on sauve le bébé et la maman. Mais la rupture de l'utérus, ça demeure une catastrophe. Le gynécologue a une dizaine de minutes pour pratiquer la césarienne», dit le Dr Bujold. Ce risque, même s'il est peu élevé, fait craindre le pire aux mamans.
La césarienne
Pourtant, les césariennes comportent beaucoup d'inconvénients (perte de l'utérus, besoin de transfusion, problèmes respiratoires du bébé). Plus d'inconvénients même que l'accouchement vaginal après la césarienne. Les travaux du Dr Bujold arrivent à point nommé pour encourager les femmes à opter pour l'accouchement vaginal.
Mesurer l'épaisseur de la cicatrice permet de prédire la rupture de l'utérus. «Nos données sont un outil supplémentaire pour aider les femmes et leur médecin à prendre une meilleure décision. C'est une révolution pour encourager les accouchements vaginaux après une césarienne», soutient le Dr Bujold.
De fait, les femmes de Québec et de Montréal sont privilégiées, par rapport aux Canadiennes et aux Américaines, puisque depuis un an déjà, le Dr Bujold et les coauteurs de son étude examinent les cicatrices de l'utérus à l'échographie et donnent leur avis aux gynécologues qui, à leur tour, conseillent les femmes sur la meilleure façon d'accoucher. «Je mesure une dizaine de cicatrices par semaine», dit le Dr Bujold. Il enseigne la méthode à ses collègues.
Le Dr Bujold et ses collègues poursuivent leur étude. Cette fois, ils suivront 1000 femmes (elles étaient 235 pour cette première étude). En plus de l'échographie traditionnelle, ils utiliseront un appareil qui permet de voir la cicatrice en trois dimensions.
Source : Louise Lemieux, Le Soleil, 4 février 2009.