Entrevues | Témoignages
Une nouvelle façon d’envisager le VIH
Caroline Gilbert
Prof
esseure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie et chercheure au Centre de recherche du CHUQ
« Si on pense VI H, on pense presque automatiquement vaccin. Ça fait 27 ans que l’on fait de la recherche sur le VIH et encore aujourd’hui, beaucoup d’argent est investi dans la recherche d’un vaccin ou d’un médicament capable d’éliminer ce virus, mais c’est toujours en vain. Et si on se trompait ? Il faudrait peut-être prendre un temps d’arrêt, s’assurer de bien comprendre la maladie et chercher d’autres façons de la combattre », croit Caroline Gilbert, professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie et chercheure au Centre de recherche du CHUQ.
À la tête de son propre laboratoire de recherche, elle se consacre à l’étude des nanoparticules biologiques – notamment des exosomes produits par les cellules du système immunitaire suite à leur contact avec le VIH. Son objectif : comprendre les premières étapes de l’infection par le VI H. « Il y a trois phases dans la maladie : la première phase est la primo-infection : les symptômes sont peu apparents et similaires à ceux de la grippe. Lors de la seconde phase, le système immunitaire rend le contrôle et encore là, la présence du virus dans l’organisme passe relativement inaperçue. Ce n’est que pendant la troisième phase que les affections de tout genre apparaissent. Mais tout se joue pendant la première phase : des cellules du système immunitaire sont alors détruites, et la mémoire immunologique s’en trouve fortement réduite. Tout le reste découle de cela », affirme Caroline Gilbert, qui croit qu’un changement est en train d’opérer dans la façon d’aborder le VIH, qu’il faut « penser dans la globalité, et aborder cette infection comme une maladie chronique du système immunitaire ».
