Entrevues | Témoignages
Cap sur la Bolivie
Marie-Pier Godbout
Étudiante au doctorat en médecine
Fin juillet 2010. Cinq semaines après le début de son stage à Sucre, la capitale de la Bolivie, un petit pays d’Amérique du Sud, Marie-Pier Godbout, étudiante en 3e année du doctorat en médecine, s’est rendue pour une semaine à Cerca Cancha, un petit village reculé d’environ 150 habitants situé à 4 000 m d’altitude dans les Andes. «Ce milieu est l’un des plus pauvres de Bolivie, explique-t-elle, et aucune route ne s’y rend. Il faut marcher une demi-journée avec son sac à dos dans des sentiers étroits et escarpés à flanc de montagne. Une fois là, j’ai découvert un milieu pauvre, sans eau courante et sans électricité, où l’on vit au jour le jour. Mon adaptation fut assez difficile. Mais je suis allée là pour ça. Je voulais vivre quelque chose de différent.»
Le vendredi 15 octobre 2010 au pavillon Ferdinand-Vandry, Marie-Pier Godbout a relaté les faits saillants de son stage à l’occasion de la Journée en santé interculturelle de la Faculté de médecine. En tout, 50 étudiantes et étudiants de médecine ont effectué un stage international, cet été et cet automne, au Bénin, au Burkina Faso, en Bolivie, au Cameroun, en Chine, en Inde, au Mali, au Pérou et au Sénégal. Le stage de Marie-Pier Godbout s’est déroulé du 21 juin au 21 août. La Faculté de médecine, le Bureau international de l’Université et une ONG bolivienne en ont assuré l’encadrement.
Au petit poste de santé de Cerca Cancha, occupé par une infirmière, une soupe populaire a permis d’attirer les jeunes mères du village. «Nous leur avons parlé de l’importance de l’allaitement et de l’importance de la nutrition dans le développement de l’enfant, entre autres en intégrant le plus possible les fruits et les légumes, raconte Marie-Pier Godbout. Nous avons aussi insisté sur la vaccination de base contre des maladies contagieuses comme la poliomyélite et la rubéole.» Dans ce village, les enfants sont traités principalement pour des infections respiratoires et pour des problèmes de développement causés par une nourriture insuffisante et trop peu variée.
À Sucre, la stagiaire a passé 3 semaines dans un hôpital public et deux dans un hôpital privé. «Il faut payer pour être soigné dans les deux catégories d’hôpitaux, mais c’est moins cher dans le réseau public, souligne Marie-Pier Godbout. On trouve dans cette ville quelques spécialités médicales, mais pas toutes à la fine pointe de la technologie, ainsi que plusieurs services. Je dirais qu’il y a vraiment de bons services dans le réseau privé.»
Dans l’hôpital public, l’étudiante a accompagné un médecin en chirurgie-anesthésie. Dans l’hôpital privé, elle a accompagné une infirmière et assisté quelque peu des médecins à l’urgence. «J’ai remarqué un nombre élevé d’infections respiratoires et de traumatismes dus à des accidents de travail ou de la circulation, dit-elle. Il y avait beaucoup d’opérations à la vésicule biliaire. Comme au Québec, les Boliviens souffrent de maladies chroniques et de maladies cardiaques.»
Marie-Pier Godbout a également passé 2 semaines au Centro Intercultural Circo Infantil, un centre communautaire pour enfants et adolescents situé dans un quartier défavorisé de Sucre. Elle a animé des ateliers destinés à des adolescents sur la prévention de la violence et des abus. Elle a également fait une pancarte sur l’hygiène des mains pour les enfants de la garderie du centre.
Source : Yvon Larose, Fil des événements, 28 octobre 2010.
