Entrevues | Témoignages
Un chemin peu fréquenté par un ambassadeur de la médecine familiale
Soufiane Bensaidane
Diplômé du programme de médecine familiale
J’ai complété mon doctorat en médecine à Alger en 1988 et j’ai poursuivi mes études médicales dans un programme de résidence en chirurgie générale. Au terme de cette résidence, j’ai eu le loisir d’exercer cette profession pendant 10 années, dont 6 en tant qu’enseignant dans une université. Ma carrière de chirurgien a dû être interrompue lorsque j’ai immigré au Canada avec mon épouse et mes deux enfants. Le défi était alors de taille : s’intégrer à la nouvelle société et retourner sur les bancs d’école pour la mise à niveau de ma formation.
Ma passion pour la médecine générale, qui a refait surface lors de la préparation de mes examens d’équivalence, quelques tentatives avortées de réhabiliter ma spécialité, et assez de temps pour mûrir un choix de carrière, m’ont conduit à opter pour la médecine familiale. Ma première expérience de travail au Québec a été l’enseignement donné à des infirmières pendant dix-huit mois à Montréal. C’est par la suite que la Faculté de médecine de l’Université Laval m’a permis de réaliser mon souhait.
Mon premier contact avec l’Université a été avec le professeur André Bilodeau, alors directeur du programme de médecine familiale. Mes craintes générées par les expériences d’autres diplômés hors Canada - États-Unis (DHCEU) se sont vite dissipées et la confiance nécessaire au début de ma résidence s’est finalement installée. La rencontre avec l’équipe de l’Unité de médecine familiale Laurier et avec mes collègues résidents a conforté mon impression d’être accueilli et accepté pour ce que j’étais et pour ce que je pouvais apporter à l’équipe. De plus, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir été traité différemment par mes collègues résidents, sur lesquels, je le reconnais, avoir eu l’avantage de mon expérience antérieure.
J’ai dû m’adapter à un mode d’éducation postdoctorale très différent. Le système où j’avais évolué était calqué sur celui généralement en vigueur en Europe dans lequel les liens hiérarchiques étaient très marqués.
J’ai d’ailleurs remarqué que, au Québec, les résidents avaient plus de droits et que leur évaluation me paraissait plus objective, étant toujours basée sur l’avis de plusieurs enseignants.
L’enseignement et la recherche clinique ont toujours fait partie de mes objectifs de carrière. En effet, l’enseignant est pour moi l’éternel étudiant que j’aimerais toujours incarner. J’entamerai en 2009 ma carrière de médecin de famille à l’Unité de médecine familiale de Trois-Rivières où se prodiguent à la fois les formations doctorale et postdoctorale. Je travaillerai également à l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Québec, tout en enseignant, bien sûr, à l’Université Laval. Je me suis aussi inscrit à des cours de pédagogie médicale pour parfaire mes aptitudes dans ce domaine.
C’est au cours de mes 2 agréables années de résidence que j’ai découvert la spécialité qu’est la médecine familiale. Je me suis promis d’en être un fervent ambassadeur et de faire découvrir cette discipline aux étudiants que je côtoierai.
