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Rachel Thibault

Portrait d'une humaniste

Rachel Thibault

Relations engageantes
En cette période où les individus de tous les continents s'inquiètent des impacts de la crise économique sur leur vie quotidienne, Rachel Thibeault poursuit son engagement envers les plus démunis d'entre eux.

Cette ergothérapeute, enseignante et chercheure, croit que toute intervention, si minime soit-elle, peut améliorer la qualité de vie des personnes même lorsqu'elles vivent dans des milieux extrêmement pauvres. Voici le portrait d'une femme humaniste, dynamique et engagée.

Proactive et visionnaire
Rachel Thibeault termine ses études d'ergothérapie à l'Université Laval en 1979. Elle entreprend par la suite des études doctorales en psychologie communautaire à l'Université de Montréal. Son sujet d'intérêt porte sur la motivation qui anime les personnes à faire du travail bénévole.

Cet intérêt se poursuit dans ses études postdoctorales alors qu'elle approfondit le travail bénévole dans le cadre de la réadaptation à base communautaire. Ses études complétées, elle occupe le poste de chef ergothérapeute pour l'ensemble des Territoires du Nord-Ouest qui couvraient à cette époque toute la zone s'étalant du Yukon à la Terre de Baffin.

Rachel est professeure à l'Université d'Ottawa depuis 17 ans. Son expertise dans le domaine de la réadaptation à base communautaire et du développement international l'amène à collaborer à l'enseignement dans plusieurs autres universités canadiennes, en Europe (Lyon II) et en Afrique (Afrique du Sud). Elle enseigne le concept de la réadaptation à base communautaire, la promotion de la santé et aborde le thème du handicap et de la justice sociale. Elle traite ces sujets sous l'angle des droits de la personne et elle s'appuie sur les conventions des organismes de l'ONU pour promouvoir l'égalité des chances pour les personnes handicapées.

Par ailleurs, en tant que spécialiste en réadaptation à base communautaire et en recherche-action, Rachel travaille auprès d'organismes de l'ONU et d'organisations gouvernementales et non-gouvernementales. Elle est présentement impliquée dans des projets en Sierra Leone, au Nicaragua, en Zambie, en Afrique du Sud et au Liban.

Sur le terrain
Lors de son travail à l'étranger, Rachel débute son intervention en rencontrant les gens du milieu. Elle écoute les responsables des villages, voit avec eux les priorités et valide sa compréhension des principaux problèmes. Elle rencontre par la suite les personnes directement concernées par son intervention, c'est-à-dire les plus démunies. Elle les écoute, vérifie avec eux leurs préoccupations - car elles peuvent être différentes de celles identifiées par les responsables des villages – suggère des pistes et aborde les priorités qu'elle peut combler. Il peut s'agir d'offrir un appui pour le retour à l'emploi, une première mise de fonds au démarrage d'une micro-entreprise ou une meilleure mobilité pour une personne handicapée. Si certains besoins ne relèvent pas de son champ de compétence, elle rassemble alors les ressources nécessaires à la mise sur pied d'un programme de conservation de l'eau, à la construction d'installations sanitaires, ou à la distribution de médicaments ou d'aide alimentaire. « Dans certains cas, il faut s'insérer dans l'arène politique et mettre en place les mesures préalables au respect des droits humains : mes actions visent alors à rendre le crédit bancaire véritablement accessible aux femmes ou aux personnes handicapées ou encore à m'assurer qu'un handicap ne se traduise pas par la perte injustifiée d'un emploi », ajoute-t-elle. Le travail se fonde sur les principes de développement durable, d'intégration des services, de participation communautaire et d'inclusion sociale. Les enjeux abordés couvrent l'ensemble du processus de réadaptation, du traumatisme ou de la maladie jusqu'à la pleine réinsertion sociale où la personne vulnérable redevient un citoyen à part entière.

Le cheminement de Rachel Thibault est marqué par son passage à l'Université Laval et, plus particulièrement, par les échanges avec trois de ses professeurs de l'époque, Anne Lang-Étienne, Louis Trudel et Nicole Ébacher. Au fil du temps, ces trois personnes sont devenues ses mentors : « Leur approche était orientée sur le sens qui émerge spontanément dans la vie des gens et non sur des solutions imposées de l'extérieur. J'ai toujours conservé cette vision, confie-t-elle, et l'Université Laval m'a laissé une passion en héritage, un des plus beaux legs qu'on peut laisser à un étudiant. » Bien que la sensibilisation soit plus présente dans la société, son souhait le plus cher est de sentir davantage de compassion autour d'elle.