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Éric Boilard, diplômés de microbiologie-immunologie

Place à la relève en recherche

Éric Boilard
Diplômés de microbiologie-immunologie

Tôt dans sa formation, Éric Boilard, professeur au Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie et chercheur au CHUL, s’intéressait aux virus, aux bactéries, aux microbes et autres petites formes de vie. Il s’est donc inscrit en microbiologie à la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval, en 1995. Il avait alors comme objectif de participer à la lutte contre les épidémies en fabriquant des vaccins.

Un stage au Centre de recherche en rhumatologie et immunologie (CRRI) du CHUL viendra changer la donne : « au lieu d’étudier comment les virus ou bactéries peuvent attaquer notre système immunitaire, je me suis tourné vers l’étude de l’auto-immunité et j’ai commencé à étudier comment le système immunitaire peut se tourner contre nous », exprime Éric Boilard. Cet intérêt le conduira à s’inscrire à la Faculté de médecine de l’Université Laval, à la maîtrise en microbiologie-immunologie (1998-2000) et au doctorat (2000-2003). Il se perfectionne ensuite en France en pharmacologie moléculaire, puis à l’École de médecine de Havard, où il développe une expertise particulière sur les modèles animaux de l’arthrite. Une expertise qui sera déterminante pour la suite des choses. Il était en train de faire son travail de chercheur, mais ce jour-là, il avait décidé d’analyser de plus près les « débris » trouvés dans le liquide synovial (liquide qui entoure les articulations) de personnes arthritiques. Des « débris » qu’il ne reconnaît d’abord pas. S’aidant d’un microscope électronique, il constate que ces microparticules proviennent de plaquettes sanguines ! Sans le chercher, Éric Boilard vient de faire une découverte qui créera une petite révolution dans le monde de la science. Il lui faut cependant démontrer la
validité de sa découverte : « dire qu’il y a des fragments de plaquettes dans les genoux de personnes arthritiques n’aurait jamais suffi » explique-t-il.

Avec son équipe, il réussit à démontrer, sur des modèles animaux, l’existence de liens entre les plaquettes sanguines et l’arthrite inflammatoire. La démonstration lui ouvre toutes grandes les portes du magazine Sciences, qui publie en début d’année « Platelets amplify inflammation in arthritis via collagen-dependent microparticle production »1, avec Éric Boilard comme principal auteur. Tout se passe ensuite très vite. L’article devient rapidement parmi les plus téléchargés du site Web de Sciences et les auteurs sont sollicités par plusieurs journaux spécialisés. Les jeunes chercheurs se sentent pousser des ailes et poursuivent leurs recherches avec un regain d’énergie. Leur découverte n’est pas banale et son accueil dans la communauté scientifique ne le sera pas non plus. Fin 2010, des milliers d’experts en médecine et en biologie de par le monde classent l’article d’Éric Boilard et de son équipe parmi les cinq articles les plus importants en 2010!
Dès lors, les grands médias s’emparent de la nouvelle. À Québec, le jeune chercheur est fait lauréat Radio-Canada/ Le Soleil en décembre 2010 et a droit à un reportage en janvier 2011. « Comme chercheur, je ne suis pas habitué à autant d’attention de la part des médias… je suis en début de carrière », rappelle-t-il, souhaitant sans doute retrouver au plus vite son laboratoire et l’équipe de recherche qu’il dirige au CHUL depuis son retour au Québec en 2010.

« Nous avons eu une bonne dose d’adrénaline, on a envie d’aller plus loin et on avance très vite. Nous avons la chance d’être parmi les premiers à parler des relations entre les plaquettes sanguines et l’arthrite. Nous venons tout juste de découvrir un nouvel iceberg et nous n’en voyons que la pointe. C’est sûr que maintenant, un peu partout sur la planète, il y a des tas de chercheurs qui vont réorienter leurs travaux et explorer la piste que nous avons ouverte. Nous espérons que nos travaux puissent les aider et contribuer à faire la lumière sur le rôle des plaquettes, qui sait, dans d’autres maladies. Nous voulons étudier davantage le rôle des plaquettes et trouver ce qui peut être ciblé sur elles sans que cela nuise à leurs autres fonctions vitales. Nous sommes déjà sur des pistes très intéressantes et cela nous encourage, mais nous savons qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire. Heureusement, mon équipe et moi sommes très motivés! »