Logo Université Laval Logo Université Laval Logo Université Laval

Détail de la nouvelle

Trois questions à Patrick Bordeaux

Sur la dépendance au jeu vidéo

Le « trouble du jeu vidéo » (gaming disorder, en anglais) sera ajouté, en juin, sur la liste des maladies reconnues par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les données épidémiologiques manquent encore sur ce type de dépendance caractérisée par une perte de contrôle. Par contre, les experts s’accordent à dire que le phénomène des joueurs vidéo happés par cette activité au détriment de toutes les autres prend de l’ampleur. C’est une réalité que connaît bien Patrick Bordeaux, professeur au Département de psychiatrie et de neurosciences, et pédopsychiatre au Centre de pédopsychiatrie du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Que pensez-vous de cette décision de l’Organisation mondiale de la santé?

Il y a quelques années, il était très difficile de faire reconnaître le caractère dépendant d’un comportement. Plusieurs experts considéraient que l’addiction se limitait à la consommation de drogue ou d’alcool. Aujourd’hui, plusieurs traités en psychiatrie montrent qu’il existe beaucoup de similitudes neurobiologiques entre la dépendance comportementale et la dépendance aux substances. Au fond, un jeune qui passe de 10 à 12 heures par jour devant son écran vidéo, au point de négliger ses études ou de s’isoler, ressemble un peu à un héroïnomane. Dans les deux cas, la consommation ou la pratique d’un comportement libère rapidement de grandes quantités de dopamine, l’hormone du plaisir. Ces patients ont besoin d’être traités. L’addiction constitue une maladie cérébrale. En effet, le cortex préfrontal, qui exerce habituellement le contrôle dans le cerveau, n’intervient plus. Le patient devient prisonnier de ses pulsions. Il s’agit d’un comportement compulsif, envahissant, comme une métastase.

Lire l'article complet du Fil