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Détail de la nouvelle

Des chercheurs à la feuille de route impressionnante

  • Membres à l'honneur, Activités grand public
Michel G. Bergeron, Michael R. Hayden et Michel Chrétien. Photo : Jérôme Bourgoin
Quarante-trois ans plus tard, a affirmé Michel G. Bergeron, je suis fier de dire que le Centre en infectiologie est l’un des plus importants d’Amérique du Nord. Nous y avons fait des percées en résistance microbienne et nous sommes devenus des leaders en transfert technologique.

La Faculté a profité de l’intronisation de Michel G. Bergeron, de Michel Chrétien et de Michael R. Hayden au Temple de la renommée médicale canadienne pour leur donner la parole au cours d’un symposium ouvert au grand public

La Faculté a organisé, le 4 mai 2017, le symposium Bâtisseurs en santé qui réunissait 3 grands chercheurs en médecine : Michel G. Bergeron, professeur à la Faculté et fondateur du Centre de recherche en infectiologie de l’UL, Michel Chrétien, endocrinologue et professeur émérite de l’Université de Montréal, ainsi que Michael R. Hayden, professeur de médecine moléculaire et de génétique humaine à l’Université de Colombie-Britannique. Chacun d’entre eux était invité, pour l’occasion, à livrer un témoignage sur son parcours en recherche avant d’être intronisé, le soir même, au Temple de la renommée médicale canadienne (TNMC) qui se déroulait à Québec pour la première fois.

Parcours de Michel G. Bergeron
Le premier à prendre la parole a été l’infectiologue Michel G. Bergeron, troisième membre de la Faculté à être nommé au TMNC, qui a retracé les jalons importants de son parcours, dont son tout premier contact avec un cadavre au Montréal General Hospital de McGill qui le conduit à s'intéresser aux antibiotiques alors qu’il se destinait à la néphrologie. Il part ensuite travailler à Boston, sous la férule du docteur Douglas Cameron. De retour à Québec, en 1974, il fonde rapidement le Centre de recherche en infectiologie et démarre ses activités dans un laboratoire de 150 pieds carrés. « Quarante-trois ans plus tard, a-t-il affirmé, je suis fier de dire que ce centre en infectiologie est l’un des plus importants d’Amérique du Nord. Nous y avons fait des percées en résistance microbienne et nous sommes devenus des leaders en transfert technologique. »

Détenteur de 30 brevets, cet entrepreneur infatigable a parlé de ses plus grandes inventions : le condom invisible féminin pour éviter la transmission du VIH et des autres maladies transmissibles sexuellement, ainsi que le test rapide à base d’ADN qu’il a commercialisé en créant la compagnie GenePOC, dans le Parc technologique du Québec métropolitain. Le docteur Bergeron a montré au public ce fameux minilaboratoire, qu’il appelle affectueusement son « expresso du diagnostic », ainsi que son fonctionnement. « Grâce à cette invention, la première ligne ne se fera plus dans les hôpitaux », a déclaré celui qui voit la grande utilité d’un tel appareil dans les pays en voie de développement ou, plus près de nous, dans les supercliniques.

À l’origine de la formule Chercheurs d’un jour, par lequel 3000 étudiants du secondaire sont passés, Michel G. Bergeron aimerait que tous les étudiants en médecine fassent au moins une année de recherche pour s’initier à la méthode expérimentale. La maîtrise de l’approche cartésienne est un atout indispensable chez ceux et celles qu’ils recrutent dans son laboratoire, tout comme le leadership, l’excellence et la capacité de travailler en équipe. « Plusieurs de mes anciens collègues sont devenus mes patrons », a-t-il déclaré fièrement.

Parcours de Michel Chrétien
Michel Chrétien est un endocrinologue renommé et un chercheur prolifique qui se classe au 7e rang des chercheurs les plus cités dans le monde. En 56 ans de carrière, l’homme a publié pas moins de 600 articles. Son travail patient, acharné, lui a permis de découvrir les prohormones, en 1977, et d’écrire ainsi un nouveau chapitre de la biologie fondamentale. Le secret de son succès tient en un mot, « sérendipité », qu’il a d’ailleurs fait franciser à l’Office québécois de la langue française et qui pourrait se définir par « la faculté de discerner l’intérêt, la portée d’une découverte inattendue en recherche ».

Lorsqu’il soutient que le métier de chercheur exige une résilience exceptionnelle ou que, citant Churchill, « success is going from failure », Michel Chrétien parle en toute connaissance de cause : ce n’est que 23 ans après avoir formulé la théorie des enzymes de clivage des prohormones que ce dernier les a véritablement découvertes. En 2003, il met au jour la proprotéine convertase PCSK9, située sur le chromosome 1 humain, qui participe au métabolisme du cholestérol. Il s’agit d’une découverte majeure dont la portée n’est pas prête de se tarir puisqu’elle alimente toujours ses recherches. Lui et son équipe travaillent aujourd’hui à trouver et à décrire les différentes mutations du gène de cette proprotéine qui protègent certaines familles du Québec et d’autres pays des maladies cardiovasculaires.

Chercheur à la curiosité insatiable, il puise son énergie dans l’amour des siens ainsi que dans les liens qui l’unissent à ses collègues qu’il n’a pas hésité à mentionner au grand complet.

Parcours de Michael R. Hayden
Il semble y avoir plusieurs fils conducteurs dans la vie de Michael R. Hayden qui l’ont mené là où il se trouve aujourd’hui. Enfant, la mère du futur généticien l’amène écouter le discours de Robert Kennedy, alors en visite en Afrique du Sud où Michael Hayden est né et a grandi. En plein apartheid, Kennedy parle de l’égalité des êtres humains et des « vagues d’espoir » qui secouent le pays et qui briseront le mur de l’oppression. Marqué par ce discours, Michael Hayden voit des similitudes entre l’oppression vécue par les Noirs victimes de discrimination et l’oppression que la maladie exerce sur certaines personnes en diminuant leurs capacités.

En tant que jeune médecin de l’Université de Cape Town intéressé par la façon dont les mutations génétiques se transforment en maladies neurodégénératives, Michael Hayden parcoure l’Afrique du Sud pour aller à la rencontre de personnes atteintes de maladies génétiques incurables : ostéoporose, scléosteose ou encore insensibilité congénitale à la douleur. Il est déterminé à les aider et ne veut pas les laisser tomber. « Mes patients sont devenus ma raison d’être », explique celui qui cherche à soulager en mettant au point de nouveaux médicaments.

Durant la plus grande partie de sa carrière, il a cherché à comprendre les racines génétiques de la maladie de Huntington pour trouver de nouvelles approches thérapeutiques pour la traiter et la prévenir. Ses travaux sont à la base d’une thérapie génique pour contrer l’insuffisance de lipoprotéine lipase chez l’humain. Celui qui a étudié à Harvard et qui travaille aujourd’hui à l’Université de Colombie-Britannique dit que des découvertes extraordinaires peuvent arriver partout. « Pas besoin d’être à Standford, même si ça aide tout de même un peu », a-t-il énoncé, sourire en coin.

À une étudiante qui lui demandait comment parvenir à faire le bon choix de spécialité en médecine, Michael R. Hayden a mentionné l’importance de suivre ses motivations profondes et de saisir les chances qui surviennent en cours de route. Penser en dehors du moule, se méfier des évidences et utiliser la pensée créative sont pour lui des voies royales pour parvenir à faire de grandes choses.

Bref, ces présentations ont permis à l’assistance composée d’étudiants, de professeurs-chercheurs et de membres du personnel administratif de prendre la mesure des réalisations de chacun de ces chercheurs et de mieux cerner les valeurs qui sous-tendent leur travail. La Faculté remercie tout particulièrement le Centre des congrès de Québec d’avoir rendu possible cette rencontre avec ces bâtisseurs de la santé.