Logo Université Laval Logo Université Laval Logo Université Laval

Détail de la nouvelle

Diversifiée, spécialisée et dangereuse

P. aeruginosa produit des enzymes qui détruisent les tissus de l'hôte. Le fer ainsi libéré est capté par la bactérie et il se retrouve dans des chromophores fluorescents nommés pyoverdines, des facteurs de virulence de cette espèce. Ces chromophores donnent une teinte bleutée aux milieux de culture contenant certaines souches de la bactérie. Photo : Julie Jeukens

Une étude qui décrit la génomique de la bactérie P. aeruginosa aidera à organiser la lutte contre ce pathogène

On la nomme Pseudomonas aeruginosa, bacille pyocyanique ou bacille du pus bleu. Présente partout dans notre environnement – dans les sols, les rivières, les plantes et les animaux, mais aussi dans les hôpitaux où elle cause de sérieux problèmes de santé aux patients dont le système immunitaire est affaibli –, cette espèce se retrouve au deuxième rang des bactéries pour lesquelles l’Organisation mondiale de la santé juge qu’il est urgent de trouver de nouveaux traitements. Mais, pour lutter efficacement contre cet ennemi, il faut d’abord bien le connaître. L’équipe de Roger Levesque, de la Faculté de médecine et de l’Institut de biologie intégrative et des systèmes, vient de faire un pas en ce sens en dressant ce qui est, à ce jour, le profil génomique le plus détaillé de cette espèce.

Le professeur Levesque et ses collaborateurs ont procédé à l’analyse génomique de 1 311 souches de P. aeruginosa. Du nombre, 692 provenaient de banques de génomes et les 619 autres avaient été récoltées chez des patients atteints de fibrose kystique, de pneumonie, de maladie pulmonaire obstructive chronique, de cancer ou encore de personnes présentant des brûlures ou des plaies. S’ajoutaient à ce lot des spécimens prélevés en milieu naturel.

«Les deux études antérieures sur le génome de cette espèce n’avaient porté que sur 17 et 181 souches. Nous avons élargi l’échantillon et nous avons cherché un équilibre entre les souches de l’environnement et les souches prélevées chez des malades afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble de la génomique de cette espèce et de comprendre d’où provient sa virulence, précise le professeur Levesque. Nous voulions comprendre comment une bactérie qui vit dans des sables bitumineux peut aussi se développer chez des patients branchés à un respirateur ou à un cathéter à l’hôpital.»

Lire la nouvelle complète du journal Le Fil